Lundi 9 juin 2008
Ca faisait longtemps que je n'avais pas posté. Plus envie, plus besoin?J'ai toujours de la difficulté à faire passer par l'écrit ce que je ressens réellement, et le dernier article a été écrit à chaud, mes larmes ruisselant encore sur le clavier, mes yeux trop embués pour me relire.
Paradoxalement, depuis ce passage à vide, je vais bien. 'Bien' relatif, mais beaucoup mieux que ces dernières années. En effet : j'ai trouvé. Quand j'ai fait cette recherche, j'étais comme avant, désespérée, hargneuse, "laissez-moi donc mourir!!", "c'est trop injuste que ça soit impossible!"...et puis l'idée m'est tombée dessus, tellement évidente, claire et simple, que je ne comprends pas comment j'ai pu ne pas y penser plus tôt. Je sais. Je sais comment faire pour mourir, à coup sûr et sans retour. Ca a quelque chose de glauque, mais savoir que je peux mourir selon ma volonté m'a enlevé un poids énorme que j'avais sur le coeur. Je ne suis plus enfermée. Je ne suis plus prisonnière de moi-même, puisque maintenant j'ai la clef de ma cellule...Je SUIS le geôlier et le prisonnier à la fois!
Il y a eu une journée, depuis, où je me suis sentie mal. J'étais restée couchée deux jours entiers, léthargique, sans pouvoir m'extirper de ma propre pensée, de mon imagination tyrannique et vagabonde. Névrosée profonde...J'ai dû me lever, prendre le métro à 00h10...Je mets mes écouteurs comme d'habitude, mais la musique m'agace. Je les enlève et ma pensée m'envahit. Je regarde les personnes autour de moi, et je les envie. Ils ne se posent pas de questions? Ils ne voient pas l'absurdité de toute cette vie? Une personne lit une bible...La religion, ça semble apaisant vu de l'extérieur, ces personnes doivent être moins troublées. Mais maintenant, je suis convaincue que je ne peux PAS croire, ça m'est impossible : une, des forces divines? Quand, pourquoi, comment? Avoir la foi : comment? Pour croire, il faut bien commencer par vouloir croire; pour continuer à croire, il faut continuer à vouloir croire : ça me paraît absurde pour moi. Je ne peux pas me mettre à croire en quelque chose en quoi je ne crois pas déjà : la croyance n'est pas innée, elle se construit, mais sur quelles bases? Et puis je pense à toutes les personnes croyantes que j'ai pu côtoyer : mais elles ont peur, elles aussi. Elles ne sont pas plus ou moins sages, plus ou moins savantes, plus ou moins optimistes. Elles ont même plus peur, par rapport à moi, pour certaines choses, particulièrement la mort.
Bien que je ne désire pas la mort activement, à cette heure, elle ne m'effraie pas. Celles des autres bien plus, mais c'est dans l'ordre des choses. Pourquoi avoir peur de la mort si on croie en l'immortalité de l'âme, à la réincarnation, etc. ? L'instinct de survie? C'est ce truc dans mon cerveau qui manquerait? Je n'ai peur que de deux choses : la douleur (physique et morale), et....les araignées...phobie totalement irrationnelle et inexplicable lol...
J'ai acheté beaucoup de livres (et troué mon compte en banque pour ça d'ailleurs... -_- ) mais je n'ai pas vraiment eu l'occasion (et le goût) de lire ces derniers temps.
Mais maintenant, je suis en vacances, et ce goût revient : j'avais peur de retomber dans la déchéance, mais certaines personnes sont là pour me tenir les bras et m'aider à marcher (voir paragraphe suivant). J'ai donc lu, pour l'instant, "La petite fille qui ne voulait pas grossir", d'Isabelle Caro. Vous savez, cette jeune fille anorexique qui a posé nue pour la campagne no anorexia de la marque Nolita. Livre très agréable à lire, et très poignant pour moi, au vu de l'expérience du milieu psychiatrique particulièrement difficile. J'admire cette personne et son courage...
Explication du titre du post:
L'amitié, pour moi, a plusieurs degrés. Je considère plusieurs personnes comme mes amis, dans l'acception courante du terme, dont l''amie en petite tenue', K., V., etc.
Mais il manque dans notre langue un mot pour désigner ce que je ressens pour certaines personnes : amitié-forte? amitié-entière? Des personnes qui m'inspirent confiance et avec qui je suis capable de me lâcher et avec qui j'ai l'impression, à défaut d'être toujours comprise, acceptée et aimée en retour. Cette amitié, je l'ai très peu accordée...Une fois, étant enfant, mais ma confiance fut trahie. Par la suite, chat échaudé....La deuxième fois, ce fut à l''ami aux bonbons'. Je me suis pris une bonne claque dans la gueule. Il restera quelqu'un à qui je tiens beaucoup, et donc dans la première catégorie sus-citée. Je me disais qu'on ne m'y reprendrait plus, mais depuis peu, j'affectionne tout particulièrement quelqu'un qui est en train de passer (à vitesse grand V), à mes yeux, de la première à cette seconde catégorie. Et tant pis pour la peur de la trahison, les claques, on s'en remet après tout. Et puis à part, il y a toi, A. : les liens du sang, certes (comment nous serions-nous croisées dans la vie sinon?), mais en plus de ça une amitié sincère et totale.
Enfin, les examens sont finis. Ma période de révisions a été particulière cette année...Mon temps de travail pendant les révisions a été quasi-nul. Je n'y arrivais pas. J'ai culpabilisé, au début, et puis ensuite (comme d'habitude je vis en monochrome...) plus du tout. Une étonnante insouciance. J'y suis allée les mains dans les poches, comme on dit. Sûrement la première fois de ma vie que j'agis comme une étudiante "normale" dans un sens. J'ai réussi quand même, bien sûr. J'aurai pas une moyenne de 18 c'est tout. Résultats aujourd'hui, à 8h45 à la fac
par Antigone
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Mauvaises langues