Je n'en peux plus... J'ai l'impression d'être enfermée...Il se trouvera toujours des gens pour supporter l'euthanasie, dans le cas de maladies graves...
Mais pour moi? On me dit juste que comme moi c'est psychique, ça finira par aller mieux. Comment le savoir après tout? Pourquoi sous ce prétexte ce serait forcément curable? J'en ai assez de survivre...Ca fait des années que je ne fais que ça...
Quand j'avais 15 ans, je m'étais fixée une date limite : si à 18 ans, je n'avais rien trouvé qui me retienne à la vie, je me suiciderais. Pourquoi 18 ans? j'en sais rien, encore une pseudo-symbolique à la con. Ca a eu son avantage, à chaque fois que j'allais trop mal, je me rappelais de mon ultimatum. J'ai vécu tant bien que mal (mieux que maintenant) comme ça jusqu'a 17 ans. Et là, un ange m'a tendu la main, m'a prise dans ses bras. C'était la première fois qu'on me disait qu'on m'aimait...Je n'ai plus pensé à autre chose pendant des mois. Après, mes pensées noires sont revenues au galop, mais je l'avais toujours lui.
Je me suis retrouvée à 18 ans, au fin fond d'une dépression, mais avec lui à mes côtés. Lui qui me disait tout ce qu'on allait faire, ce qu'on vivrait, où on irait. Ca me rassurait. Et mon ultimatum était passé... Mais j'étais encore en suspens dans ma tête.
D'ailleurs, cette période a été des plus désagréables, pendant un an, j'ai été dans les choux, assomée par des antidépresseurs, anésthésiée. Ca, les médecins peuvent dire qu'ils les aident beaucoup les dépressifs : faisons les dormir, assomons les donc, et les proches auront l'impression que tout va mieux. En fait, mes sentiments étaient éteints. Je ne ressentais parfois plus rien...et d'autres fois, dans un élan de lucidité, c'était mes pensées noires qui revenaient. Alors on augmentait un peu la dose.......
Aujourd'hui je n'en prends plus, je n'en prendrai plus jamais.Mais ca ne va pas vraiment mieux. Le problème (la chance?) c'est que lui est toujours là, il m'a soutenue tout ce temps....Alors je ne sais plus quoi faire....Il m'a dit que si je me tuais, il serait tellement desespéré qu'il ne sait pas ce qu'il ferait. Je ne veux pas lui faire du mal, je l'aime....C'est tout ce qui me retient de le faire....Mes parents, ma famille, je m'en contrefous. Les amis, je n'en ai pas. Personne ne remarquerait que je ne suis plus là. Ou alors si, c'est irrémédiable, mais personne n'en serait vraiment triste. Puisque personne ne me connaissait, personne n'a pris la peine de me parler vraiment...
Parfois, je me concentre sur l'instant présent, et je me dis que je suis bien, à côté de lui, sur son épaule...Mais d'autres fois, je ne peux m'empêcher de penser qu'à cause de lui je suis toujours là, s'il ne m'avait pas aimée, je ne serais plus là....C'est lui qui me force à vivre alors que je ne veux pas. Je ne comprends même pas comment il a pu supporter tout ca, mais crises d'angoisse, mes crises de larmes, mon associabilité.
Je crois que je dois être bipolaire en fait. Certaines fois, tout est léger, peut être trop même, et il suffit d'un rien pour me faire chuter, toujours très bas.
Ma vie est impossible telle qu'elle est maintenant: je déteste tout le monde, sauf lui. J'ai un véritable dégout des autres. Peut être que c'est ça qui ressort quand je vomis...je les dégueule, je les évacue, et je tire la chasse....et je suis enfin vide et seule. Malheureusement, il y a toujours un moment où je suis obligée de sortir... C'est sans fin.
Comment puis-je vivre en haïssant tellement de gens?
Je les déteste, eux et leur jugement, eux et leur vanité, leur égocentrisme. Et moi, idiote que je suis, je fais attention à leur jugement. Pourquoi, pourquoi ai-je besoin de leur crédit pour vivre alors que ça me fait du mal?
Que plusieurs personnes me disent que je suis jolie, et je m'en fiche, je ne les croie pas, ils essaient d'être gentils, ou alors c ma famille, donc c normal, etc... Que j'ai UNE seule remarque désagréable, et là, je la reçois en pleine figure, et je m'écroule.
Pourtant c'est comme si c'était tout ce que j'attendais. Je hais le regard des autres, je le fuis; je le fuis parce que je ne veux pas avoir à souffrir d'une remarque négative, et pourtant, je suis à l'affut... Quand j'en ai une, je me dis "je le savais bien, tous les autres sont des menteurs, ils pensent exactement la même chose".
Je voudrais tant pouvoir m'affranchir de ce regard, mais je sais bien que j'en suis incapable... Je ne crois pas que même en pesant le poids que je veux, ca suffira...Je le sais bien...Quand j'étais en dépression, j'avais maigri, mais j'étais toujours aussi parano par rapport au regard...
par Antigone
publié dans :
Psychiatrie/Psychothérapie
