Plus la force de rien.
Et l'avenir, mon seul espoir c'est mon tombeau,
Pareil au tien, cerné d'un monde indifférent.
Je sais que cette phrase est fausse. Je sais que je ne suis pas "cernée d'un monde indifférent". Mais cette phrase me colle aux tripes.
N'importe où pourvu que ce soit hors du monde. Là par contre, rien de plus vrai. Plus que jamais.
Beaucoup de personnes racontent leur expérience lors d'un coma, d'un passage près de la mort. Voilà la mienne : le néant. Rien. Pas de jolie lumière au fond d'un tunnel. Nada.
On voit ce qu'on veut voir je suppose. Si on est croyant, si on attend ce phénomène, il arrive. Si on est comme moi, que seules les ténèbres et le néant apaise, voilà.
Je pensais que ma tentative ratée était à prendre comme une expérience. La mort ne veut pas de moi, essayons la vie. Mais je ne veux pas non plus de la vie. Je veux le néant.
Dois-je l'attendre encore une soixantaine d'années? Moins si accident/maladie/etc? Ou dois-je me jeter dedans maintenant?
Je ne suis pas stupide. Je ne veux pas les urgences, je ne veux pas la réanimation, le service psychiatrique, les lamentations. Je n'ai pas autant de substances psychotropes que la dernière fois.
Mais la dernière fois je n'avais pas compté sur l'effet de potentialisation de l'alcool.
Et puis quand le Dr.W. m'avait dit "de toute façon rien de ce que je vous donne ne peut vous tuer", était-ce vrai ou dissuasif? Avait-elle compris que je lui faisais confiance? Ou comptait-elle
comme dissuasion ma peur du service psychiatrique?
Je hais la législation et le bannissement des barbituriques qui entraine le recours à ce genre de questions et d'intoxication médicamenteuse + alcool + autres.
Mauvaises langues