Le blog d'Antigone


Et l'avenir, mon seul espoir, c'est mon tombeau
Pareil au tien, cerné d'un monde indifférent
 
Lundi 5 décembre 2005
Je suis toujours là. J'avais pris une centaine de cachets, anxiolytiques, neuroleptiques, et autres joyeusetés; non pas que je voulais mourir de cette manière, mais je pensais sombrer dans l'inconscience pour ne pas souffrir quand mon sang coulerait de mes veines. Raté. Je n'ai pas réussi à couper assez profond. Mais les médicaments auraient pu me tuer il semble, vu que j'étais en détresse respiratoire et intubée deux jours.
J'ai passé 2 semaines à l'hôpital, dont 5 jours en réanimation.
Je suis à nouveau sous antidépresseurs assomants.
J'ai une fois de plus arrêté mes études en cours de route, incapable de les reprendre après deux semaines d'arrêt.

J'ai une fois de plus tout raté, tout recommence, on m'assome de médocs dans l'optique que je saute pas du premier pont venu. Je suis crevée, alors que j'ai dormi plus de 12h.
Il est prévu que je cherche un petit boulot pour ne pas rester totalement inactive jusqu'à la fin de l'année. Et l'année prochaine, quoi? Je reprends d'autres études une fois de plus, je me bloque sur quelque chose et je recommence? Pour me rater? et après je finis en hôpital psychiatrique qui me rendra folle plus qu'il me soignera.

Ma vie c'est vraiment de la merde.
Dimanche 13 novembre 2005
Je reviens par ici après longtemps.
Je remercie Lulu et Cylia pour les commentaires.
Sauf que Lulu, j'ai jeté un oeil à ton site, et tu es clairement pro-ana. Le fait de me dire 'mincis ou accepte toi mais ne reste pas malheureuse' partait peut etre d'un bon sentiment, mais c'est un drame pour moi. Non, je ne m'accepte pas comme je suis, une barrique de 63,5 kilos pour 1m72, mais je n'arrive pas à mincir. Toi tu es anorexique, tu perds 7 kilos en une quinzaine de jours, moi, je ne suis pas du tout ano. Certains connards iront dire que c'est qu'une question de volonté, mais je leur crache à la gueule.

Mes problèmes de poids ne sont malheureusement pas les seuls dans ma vie. Les études en sont un majeur.
J'ai toujours été une excellente élève. Première de mon académie au brevet, bac haut la main avec mention très bien et félicitations du jury. Mais personne ne m'a jamais réellement félicité. Ils étaient habitués, donc c'était dans la logique des choses. Ca m'a détruite. Moi qui espérais tant être reconnue dans ce domaine, puisque physiquement j'étais rejetée, on me prouvait que ça ne valait rien. Tous les petits cons qui veulent se prétendre bien en tous points et qui déclarent 'c'est la beauté intérieure qui compte', ne sont que des hypocrites qui veulent faire croire à leur prétendue noblesse d'esprit.
Après une année de prépa maths avortée après deux mois, j'ai passé un an assomée par des médocs.
Puis j'ai fait un semestre entier à la fac, dans des conditions psychologiques intenables, aucun ami, et une mentalité d'imbéciles qui rejette quelqu'un parce qu'un major est forcément un extrateresstre qui passe son temps à lire d'étranges livres en écoutant de la musique classique. D'ailleurs, où est le mal? Ca prouve bien une plus grande ouverture d'esprit que la leur d'être capable de lire Nietzsche, Musset, Sarraute, Balzac, que Amélie Nothomb, Bernard Werber, JK Rowling, des bandes dessinées, Tintin ou Lanfeust, et des mangas; d'être passionnée par Lizst, Debussy, Chopin, Dvorak, Glenn Gould, Ella Fitzgerald, Ray Charles, Aretha Franklin, Brassens, Nirvana, Garbage.
J'ai craqué au deuxième semestre, la pression était trop dure.
Cette année j'ai totalement changé de voie, je fais des études de langue. Sauf que je me rends compte que j'ai une nouvelle fois fait une erreur d'orientation, que les débouchés me plaisent pas, et que je n'arrive plus à travailler, je me bloque. Seulement, cette fois, avant de revenir étudier, mon père m'a mis en garde 'cette fois ci, il faut que tu la finisse, ton année'. Donc j'ai le couteau sous la gorge. Je n'ai plus que deux choix...Continuer dans une voie de merde, avoir un diplôme de merde, me réorienter, me retromper (de toute façon rien ne m'intéresse, rien ne me plaît, à quoi bon?)......ou mourir.
Et là, je crois vraiment que je vais faire une bêtise.


Je viens d'avoir ma mère au téléphone, j'ai craqué et je lui ai dit qu'à nouveau je me sentais pas bien dans mes études. Mais elle ne comprend rien à rien. Je n'aime pas ce que je fais parce qu'il n'y a pas de débouchés à proprement parler et que si je les poursuis loin, je serai juste une de ces connes dans sa chaire qui déblatère des thèses abstraites dont les paroles s'envolent dans le vide. Je n'aime pas les études 'intellectuelles' dans le sens 'intellectuel' particulier qui est parler de choses abstraites pour parler; qui n'ont aucun impact, et aucun intérêt. Pour faire ces choses là, il faut une passion que je n'ai pas. Alors on me dit 'ben travaille'. Donc j'ai le choix entre être une pétasse qui parle à des colloques de choses minables dans le vide, ou d'être caissière ou femme de ménage?
Je voudrais juste un métier qui me permette d'avoir le coeur léger. D'être heureuse dans ce que je fais sans pour autant avoir un regret parce que je fais quelque chose que les autres considèreront comme 'pas intellectuel' justement. Je suis plus intelligente qu'eux, alors je supporterais pas que ces connards parce qu'ils ont un diplôme que je n'ai pas voulu avoir me prennent de haut.
Je ne sais pas quoi faire.
J'ai pensé au stylisme; il y a une école près de chez moi, mais après avoir eu un aperçu des personnes, j'ai peur que ce soit un monde bien trop futile.

Ma mère trouve que c'est normal 'dans la vie faut se battre'.
Ben moi je vois pas pourquoi c'est dur, faudrait se battre. Si c'est le cas, c'est que l'orientation est mauvaise.
Moi je refuse d'accepter la vie en baissant la tête et en me disant 'après tout, c'est la vie. Faut bien se battre' "Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur! Avec votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte. Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau, si j'ai été bien sage."
Dimanche 13 novembre 2005
J'ai peur.
Non pas de passer à l'acte, mais de me rater.
J'ai pas assez de médicaments pour faire plus que m'assomer pendant 3 jours.
J'ai un cutter, mais je n'arrive jamais à couper très profond. Et j'ai surtout très, très peur, de couper le tendon si je me rate. Parce que si je me rate, je serai surveillée de près, donc je pourrai pas recommencer avant un moment. Et si le tendon est sectionné, ma main sera paralysée, et je ne pourrai pas recommencer de cette manière. (Et en plus, en attendant, je ne pourrais même pas jouer au piano).

Je t'aime, mon petit ange, je t'aime, mais le monde ne m'aime pas et je hais le monde.
Je ne veux pas passer ma vie à me battre dans l'espérance d'un éventuel bonheur. J'ai toujours été malheureuse, depuis 2 ans je suis pire que ça. Je n'ai pas d'études, ni même de projet d'études; pas de passion, pas d'intérêt, que de l'ennui; je suis blasée.
Pardon aussi à deux personnes qui me considéraient comme leur amie, je suis désolée de vous faire du mal, puisque vous m'avez affirmée que ca serait le cas.
Maman, Papa, vous je m'en fous, et n'allez pas croire que je dis ça sous le coup de l'appel téléphonique de tout à l'heure. Je n'ai jamais eu de votre part de compréhension, de soutien, d'encouragement. Des 'la vie est dure, c'est comme ça', c'est pas une philosophie de la vie qui me convient. Sans compter la comparaison incessante avec les autres 'les autres ils vont pas attendre, etc', merci de me rappeler que je ne suis qu'une conne qui arrive pas à faire comme les autres.

Sammy, je t'ai aimé.
Samedi 24 septembre 2005

Je vais dîner chez des gens.

Ca va etre bizarre je pense. Je me demande comment je vais reagir par rapport au repas. Parce que ceux chez qui on va, j'arrive pas, ca me coupe l'appetit. Mais il y a deux autres personnes, avec qui je suis habituée à manger; et avec qui ca ne me pose plus de problemes. La derniere fois qu'on a mangé tous les six, j'ai mangé plus ou moins normalement. Mais là, je suis crevée, et ils vont me donner envie de vomir.

 Pourquoi je peux pas juste dire "non" quand on m'invite, je suis maso ou quoi?

M'font tous chier, bordel, je veux être chez moi avec un bouquin. Je suis vraiment trop naze. (et je deviens vulgaire, cool xD )

Dimanche 18 septembre 2005
IMC 22.1
Mon état est identique.
Je vais reprendre les cours en octobre. J'en veux toujours au monde entier. Je suis toujours un gros tas.
J'ai développé une sorte de phobie des repas de groupe aussi, je refuse pas les invitations, mais je suis incapable de manger; en tout cas pas grand chose.
Si je mange, je me sens sale. Comme je suis grosse, j'ai l'impression que les autres surveillent ce que je mange, et même si ils ne disent rien, n'en pensent pas moins (genre, c'est pas en mangeant comme ça qu'elle va perdre du poids celle-là). En fait, je considère comme anormal le fait de manger, vu que je suis grosse. Comme je suis grosse, tout ce que je mets dans ma bouche est superflu, sauf quand c'est un fruit ou un légume vert. Et puis si ils ne me voient pas manger, ils ne s'inquietent pas. Je suis grosse, après tout ça va pas me tuer. Si j'étais mince ou maigre, ça paraitraît tout de suite plus inquiétant.
D'ailleurs, sur ce point, je ne suis pas parano, c'est la réalité : j'ai une cousine qui a longtemps été assez maigre, et quand elle ne mangeait pas beaucoup, dans ma famille, tout le monde était aux petits soins et s'inquiétait. Récemment, j'ai eu un repas de famille, et j'ai pas mangé grand chose : on me sort, ah, oui, c'est vrai que tu es au régime.

Mais c'est quoi, un régime putain, dans l'imaginaire des gens, ne plus rien manger? Qu'est-ce qu'ils croient? Mais au moins, je rentre chez moi en me sentant légère et bien, et je m'endors avec une autre pensée que "je suis une grosse truie j'ai trop mangé".
D'ailleurs ca m'enerve tellement que je viens de dégueuler mon repas, qui consistait en un petit bol de riz, de la salade verte, deux tranches de jambon de poulet, et une pomme verte. Bravo. Plus de deux mois sans vomir, et là je me retrouve une fois de plus avec la gorge en feu. Bravo, vraiment.
Encore une semaine et j'aurais à nouveau des points rouges autour des yeux, et la peau de l'index et du majeur écalée...

Comment les gens peuvent ils ne pas se rendre compte du mal qu'ils font?
Ce crétin qui m'avait fait la remarque des bonbons semble l'avoir totalement sorti de sa mémoire.


Voilà ce qui est  médicalement admis pour l'IMC (poids en kg/taille en cm au carré)
< 18.5 kg/m² insuffisance pondérale
18.5-24.9kg/
: norme
25 -29,9 kg/m²: surpoids
>30 kg/m²: obésité
Moi : 22.1.
Qu'en pensez-vous? De votre point de vue, suis-je normale, ronde, grosse, très grosse?
Pour donner un ordre d'idée, 22.1, ça serait une femme de 1m60 et 56kgs, ou d'1m75 et 67.6kgs.

J'en ai marre d'entendre mon petit ami me dire que je suis très bien, parce que j'ai l'impression que c'est le seul au monde à le penser, et que les autres me regardent en se disant 'quel gros thon'.
Vendredi 15 juillet 2005
IMC 22.3
Ca descend tellement lentement...

Je suis un peu vexée d'avoir aussi peu de personnes qui lisent (personne en fait) et aucun commentaires de ceux qui sont venus...
Je me demande si je me suis mal référencée, ou si les blogs qui recoivent des commentaires sont juste ceux du genre d'jeuns avec photos "ouais lui c mon copin, il é tro bo, j't'm pr la vi xxx" " 1 nana super ke j'kif tro, bis' ma puce je t'm" et compagnie.
Je tombe dans le cliché mais bon. Même une remarque négative serait la bienvenue, je peux pas tomber plus bas de toute manière...

Enfin bon, je vais continuer pour moi même dans ce cas, même si ça m'agace un peu.
Mardi 5 juillet 2005

Bleed like me, Garbage

Avalanche is sullen and too thin
She starves herself to rid herself of sin
And the kick is so divine when she sees bones beneath her skin
And she says:
Hey baby can you bleed like me?
C'mon baby can you bleed like me?

Chrissie's all dressed up and acting coy
Painted like a brand new christmas toy
He's trying to figure out if he's a girl or he's a boy
He says:
Hey baby can you bleed like me?
C'mon baby can you bleed like me?

Doodle takes dad's scissors to her skin
And when she does relief comes setting in
While she hides the scars she's making underneath her pretty clothes
She sings:
Hey baby can you bleed like me?
C'mon baby can you bleed like me?

Therapy is Speedie's brand new drug
Dancing with the devil's past has never been too fun
It's better off than trying to take a bullet from a gun
And she cries:
Hey baby can you bleed like me?
C'mon baby can you bleed like me?

JT gets all fucked up in some karaoke bar
After two drinks he's a loser after three drinks he's a star
Getting all nostalgic as he sings "I Will Survive"
Hey baby can you bleed like me?
C'mon baby can you bleed like me?

You should see my scars
You should see my scars
You should see my scars
You should see my scars
And you try to comprehend that which you'll never comprehend

par Antigone publié dans : Catharsis
Mardi 5 juillet 2005

"Chaque soir avant le dîner
A mon balcon mettant le nez
Je contemple les bonnes gens
Dans le soleil couchant
Mais
N'me d'mandez pas d'chanter ça, si
Vous redoutez d'entendre ici
Que j'aime à voir, de mon balcon
Passer les cons
"                            Le pornographe, Georges Brassens

 

Le roi boiteux, Georges Brassens

Un roi d'Espagne, ou bien de France,
Avait un cor, un cor au pied;
C'etait au pied gauche, je pense;
Il boitait aù faire pitie.

Les courtisans, espace adroite,
S'appliquerent aù limiter,
Et qui de gauche, qui de droite,
Il apprirent tous aù boiter.

On vit bientot le bénéfice
Que cette mode rapportait;
Et de l'antichambre aù l'office,
Tout le monde boitait,boitait.

Un jour, un seigneur de province,
Oubliant son nouveau métier,
Vint aù passer devant le prince,
Ferme et droit comme un peuplier.

Tout le monde se mit aù rire,
Excepté le roi qui, tout bas,
Murmura:"Monsieur,qu'est-ce aù dire ?
Je crois que vous ne boitez pas."

"Sire, quelle erreur est la votre!
Je suis crible de cors; voyez:
Si je marche plus droit qu'un autre,
C'est que je boite des deux pieds."

 

Flower, Eels

Turn the ugly light off God,
Wanna feel the night.
Everyday it shines down on me
Don't you think that I see?
Don't you think that I see what it's all about?
Hard to look the other way
While the world passes me by
And everyone is trying to bum me out.

It's a pretty big world God
And I am awful small
Everyday they rain down on me:
Flower in a hailstorm.
Flower in a hailstorm,
I'm living for the drought.
I could throw it back at them
But then I'd play their game.
everyone is trying to bum me out

When I came into this world they slapped me,
And everyday since then I'm slapped again.
Tomorrow's king: an unsightly coward
You see, I know I'm gonna win.

Turn the ugly light off God
Don't wanna see my face.
Everyday it will betray me
Don't you think that I know?
Don't you think that I know what they're talking about?
If they step on me tonight,
They're gonna pay someday.
Everyone is trying to bum me out.

 

Not ready yet, Eels

 There's a world outside,
And I know 'cause I've heard talk.
In my sweetest dream
I would go out for a walk.

But I don't think I'm ready yet.
I'm not feeling up to it now.
Just not that steady yet.
And I don't need you telling me how.

There's some happiness
And my stone face cracks again.
Maybe some time sooner or later.

But I don't think I'm ready yet.
Not feeling up to it now.
Just not that steady yet.
And I don't need you telling me how.

So if I leave my room,
Don't you tell me to lighten up.
Maybe some time sooner or later.

But I don't think I'm ready yet.
Not feeling up to it now.
Just not that steady yet.
And I don't need you telling me how.
I don't need you telling me how.
I don't need you telling me how.
I don't need you telling me how.

I don't need you telling me how.
I don't need you telling me how.
I don't need you telling me how.

 

Stroke of luck

hanging by threads of palest silver
i could have stayed that way forever
blood and ghost wrapped tight around me
nothing could ever seem to touch me
i lose what I love most
did you know I was lost until you found me?

stroke of luck or gift from god?
hand of fate or devil's claws?
from below or saints above?
you came to me

here comes the cold again
i feel it closing in
it's falling down
and all around me, falling

you say that you'll be there to catch me
or will you only try to trap me?
these are the rules i make
our chains were meant to break
you'll never change me

here comes the cold again
i feel it closing in
you're falling down
and all around me, falling

stroke of luck or gift from God?
hand of fate or devil's claws?
from below or saints above?
you come to me now

don't ask me why
don't even try

stroke of luck or gift from god?
hand of fate or devil's claws?
from below or saints above?
you came to me

here comes the cold again
i feel it closing in
it's falling down
and all around me, falling
falling...
                                                                             -   Cette chanson de Garbage illustre parfaitement ce que j'ai dit à propos de mon ange...                       

 

Drive you home, Garbage

"It's funny how
Even now
You still support me after all the things that I've done
You're so good to me
Waiting patiently"

 [...]

"I got down on myself
Working too hard
Driving myself to death
Trying to beat up the faults in my head
What a mess I've made
Sure we all make mistakes
But they see me so large
That they think I'm immune to the pain"

par Antigone publié dans : Catharsis
Lundi 4 juillet 2005
Je n'en peux plus... J'ai l'impression d'être enfermée...
Il se trouvera toujours des gens pour supporter l'euthanasie, dans le cas de maladies graves...
Mais pour moi? On me dit juste que comme moi c'est psychique, ça finira par aller mieux. Comment le savoir après tout? Pourquoi sous ce prétexte ce serait forcément curable? J'en ai assez de survivre...Ca fait des années que je ne fais que ça...
Quand j'avais 15 ans, je m'étais fixée une date limite : si à 18 ans, je n'avais rien trouvé qui me retienne à la vie, je me suiciderais. Pourquoi 18 ans? j'en sais rien, encore une pseudo-symbolique à la con. Ca a eu son avantage, à chaque fois que j'allais trop mal, je me rappelais de mon ultimatum. J'ai vécu tant bien que mal (mieux que maintenant) comme ça jusqu'a 17 ans. Et là, un ange m'a tendu la main, m'a prise dans ses bras. C'était la première fois qu'on me disait qu'on m'aimait...Je n'ai plus pensé à autre chose pendant des mois. Après, mes pensées noires sont revenues au galop, mais je l'avais toujours lui.

Je me suis retrouvée à 18 ans, au fin fond d'une dépression, mais avec lui à mes côtés. Lui qui me disait tout ce qu'on allait faire, ce qu'on vivrait, où on irait. Ca me rassurait. Et mon ultimatum était passé... Mais j'étais encore en suspens dans ma tête.
D'ailleurs, cette période a été des plus désagréables, pendant un an, j'ai été dans les choux, assomée par des antidépresseurs, anésthésiée. Ca, les médecins peuvent dire qu'ils les aident beaucoup les dépressifs : faisons les dormir, assomons les donc, et les proches auront l'impression que tout va mieux. En fait, mes sentiments étaient éteints. Je ne ressentais parfois plus rien...et d'autres fois, dans un élan de lucidité, c'était mes pensées noires qui revenaient. Alors on augmentait un peu la dose.......

Aujourd'hui je n'en prends plus, je n'en prendrai plus jamais.Mais ca ne va pas vraiment mieux. Le problème (la chance?) c'est que lui est toujours là, il m'a soutenue tout ce temps....Alors je ne sais plus quoi faire....Il m'a dit que si je me tuais, il serait tellement desespéré qu'il ne sait pas ce qu'il ferait. Je ne veux pas lui faire du mal, je l'aime....C'est tout ce qui me retient de le faire....Mes parents, ma famille, je m'en contrefous. Les amis, je n'en ai pas. Personne ne remarquerait que je ne suis plus là. Ou alors si, c'est irrémédiable, mais personne n'en serait vraiment triste. Puisque personne ne me connaissait, personne n'a pris la peine de me parler vraiment...
Parfois, je me concentre sur l'instant présent, et je me dis que je suis bien, à côté de lui, sur son épaule...Mais d'autres fois, je ne peux m'empêcher de penser qu'à cause de lui je suis toujours là, s'il ne m'avait pas aimée, je ne serais plus là....C'est lui qui me force à vivre alors que je ne veux pas. Je ne comprends même pas comment il a pu supporter tout ca, mais crises d'angoisse, mes crises de larmes, mon associabilité.
Je crois que je dois être bipolaire en fait. Certaines fois, tout est léger, peut être trop même, et il suffit d'un rien pour me faire chuter, toujours très bas.

Ma vie est impossible telle qu'elle est maintenant: je déteste tout le monde, sauf lui. J'ai un véritable dégout des autres. Peut être que c'est ça qui ressort quand je vomis...je les dégueule, je les évacue, et je tire la chasse....et je suis enfin vide et seule. Malheureusement, il y a toujours un moment où je suis obligée de sortir... C'est sans fin.
Comment puis-je vivre en haïssant tellement de gens?
Je les déteste, eux et leur jugement, eux et leur vanité, leur égocentrisme. Et moi, idiote que je suis, je fais attention à leur jugement. Pourquoi, pourquoi ai-je besoin de leur crédit pour vivre alors que ça me fait du mal?
Que plusieurs personnes me disent que je suis jolie, et je m'en fiche, je ne les croie pas, ils essaient d'être gentils, ou alors c ma famille, donc c normal, etc... Que j'ai UNE seule remarque désagréable, et là, je la reçois en pleine figure, et je m'écroule.
Pourtant c'est comme si c'était tout ce que j'attendais. Je hais le regard des autres, je le fuis; je le fuis parce que je ne veux pas avoir à souffrir d'une remarque négative, et pourtant, je suis à l'affut... Quand j'en ai une, je me dis "je le savais bien, tous les autres sont des menteurs, ils pensent exactement la même chose".
Je voudrais tant pouvoir m'affranchir de ce regard, mais je sais bien que j'en suis incapable... Je ne crois pas que même en pesant le poids que je veux, ca suffira...Je le sais bien...Quand j'étais en dépression, j'avais maigri, mais j'étais toujours aussi parano par rapport au regard...
Mercredi 29 juin 2005
Yeah, un nouvel épisode de ma vie de merde que de toute façon personne vient lire.

Bon, j'avais dit que je n'avais plus d'amis. Il se trouve que je suis une grosse conne qui donne toujours une deuxième chance aux gens. Après tout, je ne pouvais pas en vouloir à mon "ami" d'avoir envie de rencontrer quelqu'un qu'il ne connaît pas du tout et dont il n'a jamais eu que des échos positifs, c'est naturel.
Maintenant le hic. Une remarque que je n'ai pas digérée (ahah). Je luis avais parlé de mes problèmes par rapport à mon poids, et il avait été réconfortant, compréhensif. Aujourd'hui, j'ai eu le malheur de répondre quand mon petit ami a proposé d'aller manger (avec lui aussi donc) "je n'ai pas faim" et d'ajouter "c'est à cause des bonbons". Parce que j'avais mangé 3 ou 4 bonbons haribo avant d'aller chez lui. Bien mal m'en aura pris. "Attends, tu te plains de ton poids et tu manges des bonbons???" Cherchez l'erreur de la part de quelqu'un qui paraissait tolérant et compréhensif.
Sans appel, deuxième chance flinguée, plus d'amis... Dur de s'entendre ce genre de remarque alors que tout ce qu'on a dans l'estomac depuis le matin c'est un bol de céréales et 4 bonbons.

Mais j'oubliais, les grosses truies comme moi ne peuvent pas manger de bonbons! Suis-je bête!
Je hais cette société de merde où les gens pensent que quand on est gros on ne doit ingurgiter de toute la journée que de la salade verte et de l'eau. Quand on voit un fille mince manger des bonbons, ou des frites, une glace, etc.... on se dit rien. Par contre, si elle a trop de poids, paf : elle se goinfre, pfff les gros ils ont vraiment aucune volonté.
A fortiori de la part des personnes qui sont au courant lorsqu'on fait un effort de nutrition. Alors là, forcément, si on mange un truc de trop, c'est "aucune volonté", ou "pourquoi tu manges ça alors que t'es au régime".

Je précise, pour ne pas donner mon poids et ma taille, que j'ai un IMC de 22.5. Je suis donc loin d'être obèse, mais, si c'est pas malheureux, il semble que je sois quand même dans la catégorie qui attire ce genre de réflexion.
Donc, pour avoir le droit de manger des bonbons, il faut avoir un IMC de 18 je suppose? Ou alors ne pas se déclarer faire attention à sa ligne, parce que sinon ça fait tâche de pas manger autre chose que de la salade verte, avec une tomate quand c'est fête? (ah, non, pardon, les tomates ça doit être trop sucré pour moi.)

Enfin bon, comme c'est ma journée de grande chance,
en rentrant en métro, j'ai eu l'envie de me jeter sous la rame, manque de pot, grosse perturbation du traffic, au bout de 10 min le train etait toujours pas là, je suis rentrée à pied (ouais! elle a fait du sport la grosse!). Y'avait plein de ponts par contre, mais j'arrive toujours pas, la noyade, ça me terrifie à un point qu'on peut pas imaginer.


Rien ne va plus en ce bas monde, ma bonne dame!
par Antigone publié dans : Boulimie
 
 
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